L'eau disponible pourrait suffire à l'ensemble des usages domestiques, agricoles ou industriels, mais elle est très inégalement répartie.
Pressions sur la ressource en eau
Constat
L'eau disponible sur Terre pourrait théoriquement suffire à l'ensemble des utilisations humaines car les prélèvements annuels effectués à la surface du globe ne représentent que 2% de la totalité des eaux douces.
Cependant l'eau douce est très inégalement répartie sur le plan géographique. La plus grande partie de l'eau douce, contenue dans les glaciers des régions polaires, n'est pas disponible pour une utilisation par l'homme. Par ailleurs, certains pays souffrent d'un déficit chronique, tandis que d'autres disposent d'une ressource en eau abondante.
L'inégalité des dotations en eau provoque des pénuries locales ou régionales. On parle de stress hydrique lorsque les habitants d'une région disposent de moins de 1 700 m3 d'eau renouvelable par an et par habitant (Programme des Nations-Unies pour le Développement).
La pression sur la ressource en eau, c'est-à-dire la tendance à y effectuer des prélèvements, ne cesse d'augmenter au plan mondial, et la tendance est à l'aggravation de la situation actuelle.
Aujourd'hui, près de 700 millions de personnes dans 43 pays se situent sous le seuil du stress hydrique. D'ici 2025, ce chiffre pourrait atteindre 3 milliards de personnes avec l'accroissement des pénuries en Chine, en Inde et en Afrique subsaharienne, indiquait le PNUD (Programme des Nations-Unies pour le Développement) en 2006.
Causes du stress hydrique
Le développement du stress hydrique s'explique par plusieurs phénomènes.
1 - Croissance urbaine et augmentation des consommations
Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, le nombre de personnes vivant en ville et leur périphérie dépasse celui des ruraux. Dans une génération, les deux tiers des habitants de la planète vivront dans les villes.
En matière d'eau potable, cette évolution accentue la pression sur des ressources qui se raréfient.
En matière d'assainissement, cette urbanisation croissante se traduit par une plus grande concentration des pollutions domestiques et industrielles et par un risque de ruissellement et d'innondation plus élevé à cause de l'imperméabilisation des sols.
Pour l'ensemble de ces raisons, une croissance urbaine mal maîtrisée risque fort de se traduire par une crise de l'eau.
2 - Gaspillage de la ressource
Alors que la ressource en eau est souvent rare et fragile, elle est très fréquemment gaspillée.
Il n'est pas rare que la moitié de l'eau potable produite acheminée dans les réseaux de distribution soit perdue en raison de fuites, de branchements non déclarés et d'un manque de maintenance.
De plus, l'irrigation agricole, qui représente 60 % de la consommation en eau, est souvent effectuée sans souci d'économie.
3 - Changement climatiqueD'après les scientifiques, le réchauffement climatique va entraîner une amplification des phénomènes climatiques extrêmes tels que les sécheresses et les canicules, mais également les précipitations violentes et les inondations, augmentant ainsi la pression sur les ressources en eau dans des régions déjà sèches.
4 - Absence de système de dépollution
L'absence de traitement des eaux usées aboutit à la pollution des rivières et des fleuves.
C'est ainsi le cas sur le pourtour de la Méditerranée, où plus de la moitié des eaux usées sont rejetées sans être dépolluées. Près de 60% des eaux usées rejetées dans la Mer Caspienne ne sont pas épurées.
Le rapport sur l'impact des eaux usées 2006 du PNUD, dont sont issus ces chiffres indique par ailleurs qu'une "marée montante d'eaux usées menace la santé et la richesse d'un nombre important d'océans et mers à travers le monde".