Améliorer la qualité des eaux de la Seine. La nouvelle unité de traitement des pollutions azotées du SIAAP à Seine aval (Achères - 78)

Veolia Eau, partenaire du Syndicat Interdépartemental pour l'Assainissement de l'Agglomération Parisienne (SIAAP), a participé à l'inauguration officielle de l'Unité de traitement des pollutions azotées de Seine Aval (Achères), le vendredi 29 juin, par M. Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement Durables en présence de Maurice Ouzoulias, Président du SIAAP.

Achères

Credit : SIAAP\Le Bar floreal\C. Pottier

La plus grande usine de dépollution d'Europe

La station de dépollution des eaux usées de Seine Aval, la plus importante d'Europe et la deuxième au monde, traite les eaux usées de 75% de la population de la région parisienne, soit 1,7 million de mètres cube par jour. La réalisation de cette nouvelle unité constitue une concrétisation des objectifs du SIAAP en vue de satisfaire à court terme aux exigences communautaires en matière environnementale fixées par la Directive Européenne sur les eaux Résiduaires Urbaines (DERU).

La nouvelle unité est le fruit du triple financement du SIAAP (40%), de l'Agence de l'Eau Seine-Normandie (40%) et de la Région Île-de-France (20%) pour un total de 500 millions d'euros. L'ensemble du projet était placé sous la direction d'OTV France (filiale de conception-construction de Veolia Eau Solutions & Technologies -VWS).

Acheres

Crédit : Claude Cieutat

Une première technique

La nouvelle unité de traitement des pollutions azotées utilise, entre autres, la technologie BIOSTYR®, développée par Veolia Eau Solutions & Technologies (VWS), qui a pour rôle d'éliminer l'azote ammoniacal contenu dans l'eau. Ce procédé de traitement de l'azote reproduit un phénomène naturel à une échelle industrielle en transformant l'ammoniac en nitrate (la nitrification). L'usine se compose de 84 filtres BIOSTYR représentant une surface totale record de filtration de 15 000 m2.

 Ce procédé jamais mis en œuvre à une telle échelle peut traiter 24 m³/s d'effluent par temps sec et jusqu'à 52 m³/s lors de pointes exceptionnelles de pluie.

L'eau traitée est turbinée afin de produire de l'électricité et partiellement dénitrifiée sur une étape complémentaire de biofiltration de 1 600 m2 (SUEZ).

L'action de cette nouvelle unité participe déjà à une amélioration très sensible de la qualité des rejets en Seine.

La prise en compte du facteur humain dans toutes ses dimensions

Dans le cadre de la réalisation de cette nouvelle unité, et en accord avec les demandes du SIAAP, le facteur humain a été pris en considération sur l'ensemble du projet et dans toutes ses dimensions, depuis la construction jusqu'à la visite des installations.

Ainsi, pendant les travaux, qui ont mobilisé jusqu'à 1000 ouvriers en même temps (pour un total de 3500 ouvriers), une déviation a été mise en place pour sécuriser la circulation des véhicules, une réduction des nuisances sonores a été prévue grâce à l'usage de nouveaux matériaux, et une baisse du rayonnement lumineux à partir de 20h a permis d'assurer le confort du personnel du projet et des riverains.

La conception de l'usine a également pris en compte les aspects ergonomiques pour améliorer la tenue des différents postes et augmenter le confort des opérateurs pour une productivité améliorée.

L'architecture intérieure a été particulièrement étudiée pour le confort des opérateurs et des visiteurs qui bénéficient d'un circuit de visite pédagogique.

L'unité est intégrée à son environnement par son architecture et l'aménagement par le Siaap de 45 hectares d'espaces verts composés de plus de 27 000 arbres et arbustes.

Une architecture consciente des enjeux environnementaux
Luc Weizmann, architecte

Les installations abritant l'unité de traitement de l'azote sont de conception compacte, couvertes et désodorisées pour éviter les nuisances sonores, visuelles et olfactives. Pour la construction, des matériaux nobles tels que le béton poli, le bois, l'acier et le verre ont été choisis, de manière à assurer la valeur esthétique de l'édifice.

Dans un souci d'efficacité énergétique, une partie de l'électricité consommée est produite par la chute de l'eau à la sortie du canal de rejet.

Enfin, pour souligner les enjeux environnementaux qu'implique le traitement des eaux usées, un circuit de visite pédagogique pour le grand public a été prévu.