Athos transforme les boues en briques

Une technique propre et économique pour éliminer les boues d'épuration ?
Ne cherchez plus, voilà ATHOS®

La combustion des boues par oxydation

Ce nouveau procédé, qui permet une combustion des boues par oxydation - ce qui le démarque de l'incinération -, offre de grands avantages.

Pour efficace qu'elle soit, l'incinération classique, qui consiste à brûler les boues dans des fours à haute température (850°C), présente quelques inconvénients : la combustion dégage des fumées, notamment de la dioxine, qu'il est nécessaire de dépolluer avant rejet dans l'atmosphère ; en outre, la technique n'est économiquement viable que pour les grandes unités.

Une technologie propre

Aussi les chercheurs de Veolia Eau ont-ils développé ATHOS® (Aqueous Thermal Oxidation of Sludge), un procédé plus innovant.

La combustion s'opère par oxydation, sans flamme et sans nuisance. Non seulement il n'y pas de dégagement de fumée, mais la composition des résidus issus de l'oxydation reste stable au cours du temps. Ces résidus sont donc facilement valorisables.

ATHOS® est une technologie propre car tous les constituants de la boue sont recyclés, valorisés ou réintroduits dans le milieu naturel, sans aucune nuisance et sans aucun traitement complémentaire.

En test à Toulouse

Les essais se poursuivent afin d'affiner cette technologie récente, d'en optimiser le procédé et de passer à la phase d'exploitation industrielle.

Après plus d'un an de pilotage sur une unité industrielle de dépollution située à l'usine de Toulouse-Ginestous, deux réalisations industrielles vont démarrer en France (Epernay) et en Italie.

Par ailleurs le procédé sera implanté sur la STEP de Bruxelles.

Le procédé ATHOS®

Le procédé consiste à mettre en contact les boues liquides avec un gaz oxydant, à une température de 235°C et sous une pression de 44 bars.

Ainsi, la matière organique de la boue se transforme à 75 % en éléments minéraux (gaz carbonique, monoxyde de carbone et eau), et à 25 % en composés organiques facilement biodégradables (acide acétique, acides gras, alcools). Ce phénomène dégage de la chaleur, qui est récupérée pour préchauffer les boues et atteindre ainsi un équilibre thermique. La solution aqueuse est récupérée et recyclée en tête de station.

Les gaz dégagés dans l'opération ne contiennent ni poussières, ni polluants acides. Ils sont relâchés dans l'atmosphère après un traitement spécifique. Ainsi, le réacteur ATHOS, dimensionné pour une usine de 30 000 équivalent habitants, ne pollue pas plus qu'un gros camion. Quant au résidu de cette oxydation, il s'agit d'un extrait solide minéral à l'aspect de pierre noire que l'on peut recycler dans des remblais, voire un jour dans la fabrication de briques ! Les chercheurs de Veolia Eau, alliés à ceux des pôles Energie et Propreté de Veolia Environnement, étudient ensemble cette possibilité avec le Centre technique des tuiles et des briques.

Une nouvelle filière de traitement des boues

Il existe aujourd'hui trois filières de traitement des boues urbaines :

  • L'épandage agricole, vers lequel sont orientées 60 % de ces boues : cette solution, la plus écologique car les boues contiennent de nombreux éléments fertilisants, nécessite d'avoir des boues de qualité suffisante et constante et des débouchés agricoles à proximité de la station d'épuration. Les boues peuvent être épandues sous forme liquide ou après avoir subi un traitement spécifique (chaulage, compostage, séchage).
  • La mise en décharge (25 %) : une voie actuellement en diminution car, à partir de 2002, seuls les déchets dits ultimes, donc non valorisables, pourront être mis en décharge.
  • L'incinération (15 %) : elle peut se faire dans des fours spécifiques ou, sous certaines conditions, en co-incinération avec des ordures ménagères. Dans les deux cas, cette pratique nécessite des systèmes de traitement des fumées, pour les dépolluer avant rejet dans l'atmosphère.

ATHOS propose donc une nouvelle voie plus écologique pour éliminer les boues sans les brûler et sans nuisances.